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Terre de Vins

Vin de Pays des Hautes-Alpes… Quand la vigne prend de l’altitude

Les vins de pays ont le vent en poupe ! Dans un contexte économique pas très facile, ils ont, au fil des années, retrouvé la confiance des consommateurs, grâce au travail patient de reconquête d’image de nombreux vignerons jouant la carte qualitative et celle de mise en valeur de cépages locaux. Et cela permet donc de découvrir des vins oubliés ou totalement méconnus… comme le vin de pays des Hautes-Alpes.



Un rang de Chardonnay dans la vigne expérimentale à Chateauroux-les-Alpes. © G.C.
Un rang de Chardonnay dans la vigne expérimentale à Chateauroux-les-Alpes. © G.C.
Contrairement à ce qui est communément répandu, la culture de la vigne ne se cantonne pas aux treize grandes régions françaises aux prestigieuses AOC. Car il fut un temps (l’aurions-nous oublié !) où la polyculture était le mode agricole prédominant et donc, comme son nom l’indique, le paysan, afin de subvenir à ses besoins, diversifiait les "fruits de son labeur". Dans ceux-ci, il y avait bien souvent le raisin et cela sur la quasi-totalité du territoire national. Et, en dehors d'offrir la possibilité de faire du vin, les vignes s’avéraient utiles contre le vent et surtout pour protéger et maintenir en place les clapiers et les terrasses agricoles sur les terres accidentées. Il n’y a qu’à l’extrême Ouest et au Nord-ouest Nord qu’on ne retrouve pas de traces notables de culture ou de tradition viticoles (de l’Antiquité à l’ère moderne de l’avant phylloxéra).

Ainsi, si l’on met de côté les AOC et les AO-VDQS, il existe aujourd’hui 151 vins de pays. Ce sont des vins de table personnalisés par une provenance géographique. Un vin de pays doit provenir exclusivement de la zone de production dont il porte le nom. Il répond bien évidemment à des conditions strictes de production fixées par décret telles que le rendement maximum, le degré alcoolique minimum, l’encépagement et des normes analytiques strictes.

Vin de Pays des Hautes-Alpes… Quand la vigne prend de l’altitude
Il existe trois catégories de vins de pays.
1) Les vins de pays à dénomination départementale. Il y en a actuellement 52 et ce sont par exemple le "Vin de Pays de l’Aude", le "Vin de Pays des Bouches du Rhône", le "Vin de Pays de l’Ardèche", etc.

2) Les Vins de Pays à dénomination de zone. Ils proviennent d’une zone de production strictement définie et restreinte correspondant parfois à un ou plusieurs cantons, une vallée ou une commune. Chaque Vin de Pays de zone est régi par un décret spécifique de production qui, en complément du décret général, fixe des normes de production plus restrictives. Actuellement, sur les 94 dénominations recensées, 57 sont des zones concentrées en Languedoc-Roussillon. Ces VDP sont par exemple le "Vin de Pays des Côtes du Tarn", le "Vin de Pays d’Allobrogie", le "Vin de Pays des Cévennes".

3) Le Vin de Pays à dénomination régionale (ou de grande zone). Il en existe aujourd’hui cinq, chacun régi par un décret spécifique fixant des règles de production plus restrictives. Correspondant à un bassin de production plus vaste, les Syndicats de défense de ces dénominations veillent au respect de disciplines de production strictes et harmonisées. Ce sont le Vin de Pays d'Oc (région Languedoc-Roussillon), le Vin de Pays du Jardin de la France (région Val de Loire), le Vin de Pays du Comté Tolosan (région Midi-Pyrénées), le Vin de Pays des Comtés Rhodaniens (région Rhône-Alpes) et le Vin de pays Portes de Méditerranée
Source : Onivins.

Aux portes de l’Embrunais : Le vin de Charles Henri Tavernier

Au premier plan, un rang de Jacquère (vigne expérimentale à Chateauroux). © G.C.
Au premier plan, un rang de Jacquère (vigne expérimentale à Chateauroux). © G.C.
Comme c’est très souvent le cas, le développement de la vigne est intimement lié à l’église. Et les Hautes Alpes ne dérogent pas à la règle. Dès le Moyen Âge, l’évêché d’Embrun (qui deviendra un archevêché) ainsi que l’abbaye de Boscodon possèdent des vignes un peu partout dans le département. Des coteaux de Remollon au versant ensoleillé de Saint-André d’Embrun, la viticulture trouve sa place de chaque côté de la Durance. Néanmoins, petit à petit, au fil des siècles, l’activité est abandonnée. Seule subsiste l’exploitation traditionnelle de petites parcelles pour obtenir le vin nécessaire à la consommation familiale. C’est vers 1950 que, sous l’impulsion de quelques passionnés, la vigne va reprendre ses droits et connaître un nouvel essor… Modeste, certes, mais qui l’amènera à sa reconnaissance en tant que "vin de pays".

Parmi les cinq producteurs reconnus de l’appellation, le dernier arrivé se nomme Charles Henri Tavernier. Originaire de Normandie, ayant fait ses "classes" à Irancy, en Bourgogne (entre Auxerre et Chablis), il va passer ensuite une année déterminante, en 2003, au Domaine de la Garrelière, chez François Plouzeau à Razines (à 8 km de Richelieu). En effet, sur cet ancien vignoble du cardinal de Richelieu, Pascale et François Plouzeau cultivent leur domaine en biodynamie depuis 1993. Cette expérience va conforter Charles Henri Tavernier dans son futur choix de pratiquer une culture sans pesticides, ni engrais de synthèse.

Une grappe de Grenache. © G.C.
Une grappe de Grenache. © G.C.
C’est à la fin de l’année 2003 qu’il arrive à Embrun pour s’installer en tant que vigneron indépendant. Dès le départ, sa démarche est tournée vers le respect de l’environnement et l’écologie. À son arrivée, et après s’être installé dans un ancien bâtiment au lieu-dit "Les Terrasses" (où se trouvera son chai), il fait appel à une entreprise de construction écologique en neuf et en réhabilitation, Eco2scop, pour la rénovation dudit bâtiment. Ainsi des matériaux naturels et locaux seront utilisés pour certains travaux, comme la paille pour l'isolation de la toiture ou le mélèze local pour le solivage.

Les parcelles qu’il va exploiter, en acquisition ou en location, se situe sur les territoires historiques de l’évêché d’Embrun, c'est-à-dire Châteauroux-les-Alpes, Saint-André d’Embrun et Baratier. Aujourd’hui, Charles-Henri Tavernier a, pour les blancs, 0,9 ha en production avec une rentabilité de 25 à 30 hl/ha et, pour les rouges, 1,1 ha en production avec une rentabilité entre 20 et 25 hl/ha. Pour le VP Hautes-Alpes Blanc 2008, l’assemblage est composé de 2/3 Chardonnay et 1/3 Chasan. Lorsque nous l’avons goûté cet été, avant sa mise en bouteille, le nez était éloquent, d’une belle fraîcheur mais droit, cela se confirmant en bouche avec déjà une belle acidité dont l’équilibre s’appuyait sur une minéralité qu’affectionne particulièrement le Chardonnay.

Concernant le Rouge, l’assemblage est un plus complexe. Il s’agit principalement de Grenache, Cinsault, Aramon avec, en plus, un peu de Carignan, d’Alicante Bouchet, de Grec rose, de Muscat, de Clairette et de Mollard. Cet ensemble de cépages est représentatif de la diversité qui se trouvait autrefois sur les coteaux alpins. Celle-ci est d’ailleurs étudiée près du vignoble de Charles-Henri à Châteauroux.

En effet, en 1988, les agriculteurs de la vallée, la mairie de Châteauroux et le Parc national des Écrins ont décidé la plantation de huit cépages expérimentaux - Jacquère, Altesse, Marsanne, Chardonnay, Chasan, Muller Turgau, Pinot Noir et Pinot gris - en vue de sélectionner ceux qui sont les mieux adaptés aux conditions climatiques cette zone d'altitude. Dans une région où, en un autre temps, les coteaux étaient couverts de vignobles, cette vigne expérimentale est source d’espoir pour le maintien d’un patrimoine agricole et pour la continuité de cette activité. Il faut noter d’ailleurs que, cette année, Charles-Henri et quelques uns de ses confrères essayeront une vendange tardive dans la vigne expérimentale avec les cépages Jacquère, Altesse et Marsanne.

Charles-Henry Tavernier
Les Terrasses - Route du Petit Puy
05200 Embrun.
04 92 50 41 68.

Vigne expérimentale de Châteauroux-les-Alpes
Renseignements à l’office de tourisme : 04 92 43 43 74.

Mercredi 9 Septembre 2009
Jeudi 12 Novembre 2009
Gil Chauveau


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10 au 12 septembre 2010 : Les Étoiles de Mougins

10 au 12 septembre 2010 : Les Étoiles de Mougins
Créé en 2006, le Festival International de la Gastronomie de Mougins dédit sa 5e édition à la "Femme Chef" sous toutes ses formes. Autour d’Anne-Sophie Pic, chef prestigieuse de la Maison Pic à Valence, invitée d’honneur 2010, seront rassemblées quelques-unes des plus grandes toques de la planète gastronomie.
Au menu.... que de belles saveurs !

Vendredi 10 septembre : Rencontres intergénérationnelles autour du goût et de la transmission du savoir. Ouverture à 9 h 30 du Festival aux enfants des écoles de Mougins (sous réserve) ; démonstrations, à partir de 16 h, ouvertes à tout public ; à 18 h 30, inauguration officielle du Festival et show culinaire animé par Julien Lepers en présence d’Anne-Sophie Pic et de Carole Bouquet.

Samedi 11 et dimanche 12 septembre (en continu 10 h à 20 h) : sept espaces démonstration-dégustation, conférence-débat (entrée libre ou payante) ; des ateliers pour enfants ; le Fournil du Festival, ateliers du pain pour enfants et adultes ; la librairie du festival ; les quarts de Finale du Grand Prix des Arts de la table ; "Les Mains d’Or", exposition à l’Espace culturel ; Concours du goût ; "Images fertiles et peuple nourriciers" au Musée de la Photographie ; des ateliers autours de la gastronomie animés par le service jeunesse ; un goûter offert de 14 h à 18 h, etc.
Toutes ces animations permettront aux initiés, mais aussi aux familles, aux enfants et aux amateurs de découvrir toutes les tendances de la gastronomie.
Pour plus de renseignements : www.lesetoilesdemougins.com

Gil Chauveau
31/08/2010
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