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Gastronomie
La tomate, Pomo d’Oro… fruit du soleilAndine cornue, Belle-de-Leuville, Cœur de bœuf, Evergreen, Marmande, Merveille-des-marchés, Mikado violette, Perdrigeon, Ponderosa écarlate, Noire de Crimée, Olivette, Reine des hâtives, Roi-humbert, Roma, San Marzano, Saint-Jean d’Angely, Saint-Pierre, Tigrelle ou mystérieuse Scharlachroter-Türkenbund, au son de tous ces noms-là, à la poésie jardinière, tous les potagers chantent une douce mélodie toscane à la Pomo d’Oro et s’habillent du costume d’arlequin, rouge, vert et jaune d’une flamboyance estivale.
La tomate, depuis le jour béni où un marin en ramena quelques graines sur le vieux continent, fait partie de notre imaginaire culinaire et nourrit nos souvenirs d’enfant, saveur agréable d’un fruit croqué à pleine dents et de son jus dégoulinant de notre bouche en passant par le menton jusqu’au tee-shirt où quelques pépins dessinaient un motif étoilé et naturel !
Mais est-ce un légume ou un fruit ? La tomate, Solanum Lycopersicum, famille des solanacées, est un fruit… que l'on savoure en légume ! Plante originaire d'Amérique Centrale et du Mexique, elle fut découverte au Pérou par Christophe Colomb au XVe siècle. Mais les européens feront vraiment sa connaissance qu’un siècle plus tard quand les conquistadors ramènent les premières "zitomates" ou "tomalt" (mot emprunté au Nahuatl, langue de la famille uso-aztèque) du pays aztèque. La première variété alors importée ressemble à l'actuelle tomate cerise. Les jardins des monastères sévillans, sortes de cabinet des curiosités et de laboratoire d’essai des végétaux du Nouveau Monde, seront les premiers à accueillir la tomate. Ces monastères seront le point de départ de ce fruit, comme beaucoup d’autres, pour l’ensemble de l’Europe. De ces différentes implantations, elle gardera son nom aztèque en France mais deviendra "pomidoro" ou "pomme d'or" en Italie. Cette première mention remonte à 1544 et elle est établi par l'herboriste italien Pierandrea Matthioli qui la surnomme "pomi'doro". Il n'en faudra pas davantage pour qu'elle soit qualifiée de stimulant sexuel… Comme pour la pomme de terre, les Français mirent du temps à adopter la tomate, la comparant à la mandragore dont la racine était fréquemment utilisée en sorcellerie. Ainsi, considérée comme un mets vénéneux, dangereux, impropre à la consommation, elle servait alors à éloigner, par son odeur, les moustiques ou les fourmis et, pour l’aspect positif, grâce à sa couleur vive, d’ornementation. Il faut attendre le XVIIIe siècle pour que quelques quartiers de ce fruit tombent dans la soupe. Entrant en Provence par Gènes et Nice, il semblerait qu'un jardinier méridional nommé Roumanille (ancien soldat de l'empire devenu jardinier) osa la cultiver dans son potager et qu’il lui redonna, à force d'eau et de soins, ses aspects fessue, juteuse et goûteuse comme l'étaient ses sœurs restées en Italie. Les premières exploitations françaises débuteront à Barbentane, Châteaurenard, Mallemort, Marseille et Perpignan. Séduisante, ensorceleuse, elle entre alors dans la cuisine méditerranéenne sous la forme de sauces relevées et modifie radicalement la cuisine du soleil. S’ensuit une montée à Paris au moment de la Révolution Française pouvant ainsi envahir de ses charmes gastronomiques la France entière. Les + S & P : Le nom générique Lycopersicum signifie littéralement "pêche de loup", et ferait référence au caractère toxique attribué initialement à ce fruit. Les Solanacées sont une famille de plantes appartenant à l'ordre des Solanales. Ce sont des plantes herbacées, des arbustes, des arbres ou des lianes des régions tempérées à tropicales. En sont issus bon nombre de légumes et de fruits : pommes de terre, tomates, aubergines, physalis, piments et poivrons, lyciet commun. Sont aussi issues de cette famille des cultures industrielles comme le tabac ou ornementales comme les pétunias ou les morelles faux jasmin. Beaucoup de plantes de cette famille sont riches en alcaloïdes et certaines sont très toxiques comme : belladone, morelle, brugmansia, datura, mandragore, tabac. Les bienfaits de la tomate
Suite à différentes enquêtes épidémiologiques effectuées ces dernières années, son intérêt en matière de prévention des cancers est désormais reconnu. Celles-ci ont montré qu’une consommation régulière et suffisante de tomates (comme de chou et de carottes) était liée avec un moindre taux d’apparition de cancers. Il semblerait que l’un des composants bénéfiques soit le lycopène, un composant caroténoïde, proche de la provitamine A, qui est à l’origine de la couleur rouge de la tomate. Après assimilation, le lycopène se dépose dans le foie, les poumons, la prostate, le côlon et la peau. Agissant comme un antioxydant, il limiterait la prolifération des cellules cancérigènes et son action pourrait être renforcée par la présence de vitamine C, de vitamine E et de fibres, autres facteurs efficaces dans ce domaine. Cette qualité du lycopène est amplifiée si la tomate est consommée cuisinée (coulis, sauces, ratatouille, etc.) car la formule chimique de ce composant, modifiée par les changements de température, apparaît plus performante.
Jeudi 9 Juillet 2009
Jeudi 9 Juillet 2009
Gil Chauveau
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