Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Gastronomie

Au pays de la "Rosée du Mont-d’Or"

Le 13 décembre 1999, le pays de Jean Giono se voyait doter d’une appellation d’origine contrôlée pour son huile d’olive sous l’intitulé "Huile d’olive de Haute Provence". En France, on compte actuellement huit AOC oléicoles dont six sont situées en Provence, une en Languedoc et une en Corse. Pour ce qui est de la Haute Provence, nous avons dégusté une digne représente de cette AOC, l’huile produite par le Moulin de l’Olivette… Et Giono, l’enfant du pays, en serait aujourd’hui sans doute fier !



© Gil Chauveau
© Gil Chauveau
Au pied du Mont d’Or (ou Mont d’Aure), vestige d’un ancien donjon de 17 m dominant Manosque, se trouve la coopérative du Moulin de l’Olivette. Créé en janvier 1928, à l’apogée du mouvement coopératif, ce moulin sera détruit en 1944 puis reconstruit en 1952. Celui-ci sera alors l’un des plus modernes de l’époque, ce qui ne sera pas du goût de Jean Giono en désaccord avec ce type de progrès.
Après avoir connu les affres du gel (en 1956) et du manque d’intérêt pour l’huile d’olive dans les années soixante-dix quatre-vingt, la culture de l’olivier va connaître un nouvel essor à partir de 1990. C’est d’ailleurs en novembre de cette année-là que la coopérative oléicole de Manosque deviendra le Moulin de l’Olivette.

Stimulés par la reprise de la consommation et par le plan de lutte contre les incendies, les petits propriétaires vont reprendre les plantations d’oliviers. Celles-ci seront soutenues par l’obtention de l’AOC en 1999. Conséquence de cette nouvelle dynamique, le Moulin de l’Olivette compte actuellement 1600 producteurs pouvant posséder entre 2 et 3000 oliviers. Ils sont localisés principalement sur la commune de Manosque et sur les 6 cantons avoisinants (sur un rayon de 20/25 km). Il faut savoir que, traditionnellement en Provence, beaucoup de familles citadines possèdent quelques oliviers pour leur consommation personnelle.

De l’Aglandaù à la Rosée du Mont d’Or

© Gil Chauveau
© Gil Chauveau
La coopérative est actuellement dirigée, avec beaucoup de dynamisme, par
M. Testagnière qui veille au strict respect du décret d’AOC en étroite collaboration avec les producteurs. L’huile d’olive du Moulin de l’Olivette AOC "Haute Provence" provient entre 80 et 90 % de la variété Aglandaù (alors que le texte officiel autorise 80 % minimum et tolère 70 % jusqu’en 2014). Les autres variétés sont la poétique et locale Rosée du Mont d’Or, la Bouteillan, la Picholine, la Tanche et la Colombale.
Cette spécificité la démarque qualitativement de beaucoup d’autres huiles, cela étant complété par une faible teneur en acidité libre, exprimée en acide oléique, qui est de 0,3 gr pour 100 en 1999 (seuil autorisé pour l’huile d’olive vierge extra : 1 %).

Ces particularités en font une huile d’olive très végétale, verte avec des notes d’artichaut, d’herbe fraîche coupée allant ensuite sur la tomate, la pomme et l’amande. Elle s’adoucit au bout de 4 à 5 mois pour acquérir sa rondeur.
En fonction de la récolte et des conditions climatiques, on note des différences notables de goût. Ainsi, l’huile de novembre sera plus verte que celle de janvier.
En mars, les amateurs pourront déguster l’huile d’olive primeur (issue de la récente récolte) et apprécier le piquant végétal, signe de qualité reconnu de l’huile de Manosque.

Gamme du Moulin de l'Olivette

© Le Moulin de l’Olivette
© Le Moulin de l’Olivette
Huile d’olive de France Vierge Extra, obtenue à partir d’olives locales
Composition variétale : Dominante de la variété aglandau en association à d’autres variétés locales comme Colombale, Rosée du Mont d’Or, Grappier, Picholine, Tanche, Bouteillan.
Qualité et intensité du fruité : Fruité vert d’intensité médiane.
Qualités organoleptiques : Huile harmonieuse avec des arômes d’artichaut et de tomate.
Acidité maximum : 0,4 % (vierge extra jusqu’à 0,8 %).
29,10 € le litre au 18 juin 2009.

Huile d’olive Vierge Extra, A.O.C. huile d’olive de Haute Provence
Composition variétale : Minimum de 80 % de la variété Aglandau en association à d’autres variétés locales comme Colombale, Rosée du Mont d’Or, Grappier, Picholine, Tanche, Bouteillan.
Qualité et intensité du fruité : Fruité vert très intense.
Qualités organoleptiques : Huile aux parfums herbacés avec une ardence et un soupçon d’amertume qui donne à cette huile son grand caractère et son originalité.
Acidité maximum : 0,3 % (0,8 % cahier des charges).
31,80 € le litre au 18 juin 2009.

Huile d’olive Vierge Extra, A.O.C. huile d’olive de Provence
Composition variétale : Assemblage variétal minimum de 2 variétés parmi l’Aglandau, la Bouteillan, la Salonenque et la Cayon.
Qualité et intensité du fruité : Fruité vert intense.
Qualités organoleptiques : Huile aux parfums d’artichauts crus, de bananes et d’amandes.
Acidité maximum : 0,3 % (0,8 % cahier des charges).
31,40 € le litre au 18 juin 2009.

Les AOC oléicoles françaises

● AOC "Huile d'olive de Nyons" : Décret du 10 janvier 1994 modifié par le Décret du 26 novembre 2003.

● AOC "Huile d'olive de la vallée des Baux-de-Provence" : Décret du 27 août 1997.

● AOC "Huile d'olive d'Aix-en-Provence" : Décret du 13 décembre 1999.

● AOC "Huile d'olive de Haute Provence" : Décret du 13 décembre 1999.

● AOC "Huile d'olive de Nice" : Décret du 20 avril 2001, modifié par le Décret du 26 novembre 2004.

● AOC "Huile d'olive de Nîmes" : Décret du 17 novembre 2004.

● AOC "Huile d'olive de Corse" ou "Huile d'olive de Corse - Oliu di Corsica" : Décret du 26 novembre 2004.

● AOC "Huile d'olive de Provence" : Décret du 14 mars 2007.

Jeudi 18 Juin 2009
Vendredi 15 Janvier 2010
Gil Chauveau


Gastronomie | Terre de Vins | Escapade Nature | Atelier Cuisine


À la Une !

Le Bio ne connaît pas la crise...

Le Bio ne connaît pas la crise...
En cette période où même le salon de l'Agriculture n'a pas, à juste titre, le moral, la filière bio, elle, a toutes les raisons d'être un peu plus optimiste. C'est un des rares secteurs qui échappent en 2009 à la crise. Comme le déclarait Élisabeth Mercier, directrice de l'Agence Bio, lors de la présentation, début février, du 7e Baromètre Consommation et perception des produits biologiques : "La consommation bio est une tendance structurelle, pas un effet de mode".

Les résultats du Baromètre 2009 de l’Agence Bio (réalisé par CSA*) confirment l’intérêt croissant des Français pour les produits bio. En 2009, 46 % déclare avoir consommé au moins un produit biologique au moins une fois par mois. Une progression notable de consommateurs puisqu'ils étaient 44 % en 2008 et 42 % en 2007. Face à la crise, les produits bio ont bien résisté : 39 % des Français disent avoir acheté au moins un produit bio dans les 4 semaines précédant l’enquête (même niveau qu’en 2008). Cet intérêt pour les produits bio est structurel : pour les 6 prochains mois, 25 % des consommateurs-acheteurs bio ont déclaré avoir l’intention d’augmenter leur consommation (vs 22 % en 2008) et 71 % de la maintenir.

Selon l'enquête, les Français veulent de plus en plus avoir la possibilité de manger bio. Ils sont aussi demandeurs de produits bio hors domicile : dans les restaurants (45 % en 2009 vs 42 % en 2008), sur leur lieu de travail (41 % en restauration d’entreprise vs 38 % en 2008 et 37 % dans les distributeurs automatiques vs 32 % en 2008). Point important : concernant les restaurants scolaires, 75 % des parents dont les enfants n’ont pas de produits bio à la cantine souhaiteraient qu’ils en aient.

Aujourd'hui, dans le panier bio du ménage, figurent en premiers les fruits et légumes, suivis par les produits laitiers, les œufs, l'épicerie, la viande et le pain. Ces actes d'achats sont motivés par une plus grande sensibilité à l’environnement et une opinion très positive vis à vis de l’agriculture biologique. Les ¾ d’entre eux pensent que cette dernière est une solution d’avenir face aux problèmes environnementaux et ils sont 84 % à estimer qu'elle doit se développer en France.

Les Français connaissent de mieux en mieux les produits biologiques et le profil des acheteurs a tendance à se démocratiser. Aujourd'hui, 16 % sont des ouvriers, contre seulement 11 % en 2008. Les cadres, eux, représentent 17 %. Enfin, il est à noter que la prise de conscience des Français pour le respect de l'environnement va croissante sachant que 20 % des acheteurs bio en 2009 le sont depuis moins de deux ans et que l'intérêt pour le bio naît souvent en même temps qu'un enfant !

* Enquête quantitative en face à face à domicile menée du 26 au 30 octobre 2009 auprès d’un échantillon de 1015 personnes représentatif de la population française (en terme de sexe, âge -15 ans et plus -, catégorie socio-professionnelle, région et taille d’agglomération).
Gil Chauveau
02/03/2010